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Lettre aux Canadiens
Submitted by webweaver on Thu, 2009-02-26 11:53.
Original English Version at http://www.united-church.ca/communications/news/releases/090224
Pour diffusion immédiate Lundi, 23 février 2009
Nous ne pouvons pas acheter la prospérité, dit le modérateur de l’Église unie
Dans une lettre ouverte à la population canadienne sur la situation économique mondiale, le modérateur de l’Église Unie du Canada, le pasteur David Giuliano, livre un message rempli d’espérance mais empreint de fermeté.
« Nous vivons à la fois des jours de difficultés et d’opportunité. Cette crise peut devenir dans notre histoire un point tournant dynamisé par un renouvellement des capacités de l’esprit humain, telles la créativité et la faculté d’adaptation », écrit monsieur Giuliano.
Cette crise, David Giuliano en fait l’expérience immédiate puisqu’il vient d’apprendre, comme les citoyens de la petite ville où il habite dans le nord de l’Ontario, que le moulin à bois qui s’y trouve va fermer prochainement.
« Tout le monde ici – des entrepreneurs aux boulangers, des enseignants aux pasteurs – travaille de près ou de loin pour cette usine ou encore pour les mines avoisinantes qui ont déjà commencé à fermer. L’appréhension et l’anxiété commencent à s’installer dans notre communauté. C’est comme si nous vivions en microcosme ce qui arrive à l’économie à travers le pays et dans le monde entier », dit David Giuliano.
La lettre du modérateur met la population du pays au défi de faire face à cette période économique troublée en s’appuyant sur les leçons du passé.
« Les temps de crise peuvent faire ressortir ce qu’il y a de plus noble dans la nature humaine. En temps de guerre et pendant la Grande Dépression, nous aïeux ont acheté des obligations, se sont rationné, ont enroulé des bandages et empaqueté des vêtements, ont aidé leurs voisins et ont appris à faire la distinction entre le nécessaire et le superflu. Ils ont fait front commun comme nation. Pour trouver des solutions à la présente crise économique, nous allons devoir y mettre le paquet.
« Nos concitoyens et nos partenaires internationaux sont inquiets ébranlés. La situation économique est un signe avant-coureur d’inconfort pour certains, et de souffrances catastrophiques pour d’autres.
« Les familles canadiennes vivent dans un état d’incertitude, d’anxiété et de stress grave qui affecte leurs relations interpersonnelles, qui les atteint dans leur santé physique et psychologique, et qui intensifie les problèmes sociaux. Les dettes augmentent. Les fonds d’épargne diminuent. Et les files d’attente s’allongent devant les refuges et les banques alimentaires.
« Nous avons une responsabilité morale de nous soucier de ceux et celles qui sont le plus touchés, ici et ailleurs dans le monde. Agir autrement marquerait une coupure avec notre identité canadienne. »
La lettre de monsieur Giuliano pose également les questions suivantes : « La souffrance entraînée par la crise nous incitera-t-elle à remettre en cause les valeurs qui fondent notre système économique ? Remettrons-nous en question une culture qui a permis à la recherche du profit de prendre le dessus sur les besoins fondamentaux de tant de citoyens et citoyennes, comme si l’économie n’avait d’autre but que la hausse de la valeur des actions ? »
Il écrit : « Nous devons imaginer un système financier qui mesure la valeur d’une compagnie ou d’une institution à ce qu’elle produit pour la société et à la façon dont elle y contribue. Nous devons aussi imaginer des lois et des incitations qui reflètent une telle valeur plutôt qu’un programme économique débridé créé de toute pièce. Nous devons dire clairement que les besoins des enfants affamés, des familles sans-abri, et des travailleurs pauvres doivent remplacer les exigences du libre marché. Le "résultat financier" doit refléter des valeurs comme l’amour, la bonté, la justice et le respect de la création. »
David Giuliano croit que la population canadienne en est arrivée à reconnaître que la protection de l’environnement n’est pas un obstacle, mais la voie vers le rétablissement économique.
Il écrit encore : « En fait, c’est notre entêtement à refuser de reconnaître l’accélération de la destruction de la planète qui nous a laissé ce triste héritage économique. Davantage d’automobiles, des maisons plus grandes, et une consommation effrénée sont la cause de nos problèmes économiques, pas une solution pour nous en sortir. Nous ne pouvons pas acheter la prospérité. La planète ne le permet tout simplement pas. Ce système est un plan pyramidal voué à l’effondrement, car il récompense ceux qui se trouvent au sommet et dévore tout être et toute chose qui se trouvent à la base ».
Monsieur Giuliano estime également que, s’il est nécessaire à court terme de sortir d’affaire les industries acculées à la faillite, cette approche ne sera pas une solution à long terme pour notre économie.
« Les mesures de stimulation qui favorisent l’investissement dans une nouvelle économie, dans des solutions justes pour la société et pouvant s’adapter à l’environnement seront beaucoup plus productives en bout de ligne », commente David Giuliano.
Il explique qu’en plus d’appeler les membres de l’Église unie à faire leur part, il appelle aussi les Canadien-nes de tous les secteurs de la société à prendre le risque de vraiment prendre les choses en mains à ce moment crucial de leur histoire.
« Nous ne pouvons pas attendre que seuls le gouvernement, l’industrie ou les institutions financières solutionnent ces problèmes. Chacun et chacune d’entre nous devons réfléchir à notre rôle et à notre contribution pour la transformation, les perspectives d’avenir et l’espoir commun », dit Giuliano.
Dans une lettre pastorale adressée aux paroisses de l’Église unie, le modérateur invite à répondre avec créativité et compassion à leurs concitoyens qui souffrent à cause de la crise économique.
« Le défi économique auquel nous sommes confrontés nous appelle à être l’Église en prenant plus de risques que jamais. Je vous encourage à faire confiance à votre foi et à prendre ces risques », écrit-il.
Le modérateur David Giuliano dit que nous vivons une période propice à un leadership prophétique et créatif. « Je prie donc pour que nous réagissions de manière radicale : avec créativité, accueil, chaleur et générosité. »
Pour plus d’information, veuillez contacter :
David Fines
Responsable des communications en français
Église Unie du Canada
(450) 466-7733 poste 225
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